Lorsque l’on souhaite acheter une opale australienne brute, certains termes peuvent prêter à confusion. C’est notamment le cas des expressions anglaises opal rub et nobby opal.
Pourtant, ces mots ne désignent ni deux variétés d’opales ni deux catégories opposées.
Tout d’abord, nobby décrit la forme naturelle de la pierre. Il s’agit d’un nodule d’opale brute, souvent arrondi ou irrégulier. Les mineurs trouvent principalement cette formation dans les champs opalifères de Lightning Ridge.
En revanche, rub décrit l’état de préparation de l’opale. Un lapidaire a déjà dégrossi la pierre sur une meule. Il a ainsi retiré une partie du potch, du sable ou de la roche afin de révéler la couleur.
Un même morceau peut donc commencer sous la forme d’un nobby brut. Ensuite, le dégrossissage le transforme en nobby rub. Enfin, le lapidaire peut en faire une préforme, puis un cabochon poli.
Cette distinction permet de mieux comprendre les annonces australiennes. De plus, elle aide à mesurer les risques liés au sable, aux fissures et aux barres de couleur trop fines.
Qu’est-ce qu’une nobby opal ?
Le terme anglais nobby désigne un nodule naturel d’opale brute. Sa forme reste souvent arrondie, irrégulière ou légèrement aplatie.
Les nobbies proviennent surtout de Lightning Ridge, en Nouvelle-Galles du Sud. Cette région australienne doit notamment sa réputation à ses opales noires et sombres.
Contrairement à une opale en veine, un nobby forme une masse plus compacte. Cependant, une couche de potch, d’argile ou de roche peut recouvrir sa surface.
Parfois, quelques points colorés apparaissent à l’extérieur. Dans d’autres cas, le nodule cache presque entièrement son jeu de couleurs. Son ouverture conserve donc toujours une part d’incertitude.
Que peut contenir un nobby ?
Un nobby ne contient pas forcément une grande quantité d’opale précieuse. En effet, il peut renfermer :
- du potch, une opale commune sans jeu de couleurs
- une ou plusieurs barres d’opale précieuse
- de l’argile ou du sable
- de la roche encaissante
- des inclusions et des lignes naturelles
- des fissures
- de l’opale noire, sombre ou cristal.
Ainsi, son apparence extérieure ne suffit pas pour juger sa qualité intérieure.
Un petit point coloré peut annoncer une belle barre d’opale. Toutefois, cette couleur peut aussi provenir d’une couche très fine. Dans ce cas, elle risque de disparaître pendant le dégrossissage.
À l’inverse, un nobby peu spectaculaire peut parfois révéler une opale remarquable. C’est pourquoi l’achat d’un nobby entièrement fermé reste à la fois passionnant et risqué.
Un nobby contient-il toujours une opale noire ?
Non. Les expressions nobby opal et black opal n’ont pas la même signification.
Le premier terme décrit la formation naturelle de l’opale. Le second indique une tonalité de fond noire ou très sombre.
Certes, Lightning Ridge produit des nobbies capables de révéler de magnifiques opales noires. Néanmoins, tous les nodules ne contiennent pas une pierre de qualité gemme.
Certains cachent une opale sombre ou cristal. D’autres renferment surtout du potch, du sable ou très peu de couleur exploitable.
Par conséquent, la forme du brut ne garantit ni sa couleur, ni sa luminosité, ni sa valeur finale.
Qu’est-ce qu’une opal rub ?
Une opal rub est une opale qu’un lapidaire a déjà partiellement dégrossie sur une meule.
Durant cette première étape, il retire une partie de la roche, du sable ou du potch. Il cherche ensuite la barre de couleur et commence à déterminer la meilleure orientation.
L’opal rub se situe donc entre le brut et la pierre terminée :
Opale brute → dégrossissage → rub → préforme → cabochon poli
Cependant, les vendeurs ne tracent pas toujours une frontière précise entre un rub et une préforme.
Par exemple, certains rubs montrent seulement quelques faces nettoyées. D’autres possèdent déjà une forme ovale, ronde ou libre. Leur niveau de préparation peut donc varier.
Malgré ce premier travail, l’opal rub n’est pas terminée. Le lapidaire doit encore façonner, poncer et polir la pierre avant de la monter sur un bijou.
Pourquoi transformer une opale brute en rub ?
Le dégrossissage aide le lapidaire à mieux comprendre la pierre. Il permet notamment de :
- retirer les parties inutiles
- rechercher la barre de couleur
- contrôler son épaisseur
- trouver la meilleure orientation
- éliminer une partie du sable
- repérer certaines fissures
- préparer la future forme
- mieux observer la luminosité et le motif.
Toutefois, cette étape exige beaucoup de prudence. Une mauvaise orientation peut réduire la qualité du résultat final.
De même, un dégrossissage trop important peut amincir la barre de couleur. Le lapidaire risque alors de perdre la meilleure face ou une partie du poids exploitable.
Ainsi, la transformation du brut en opal rub révèle le potentiel de la pierre, mais également ses défauts.
Comment un nobby devient-il un rub ?
Les mots nobby et rub ne s’opposent pas.
D’un côté, nobby décrit la formation naturelle de l’opale. De l’autre, rub indique son niveau de préparation.
Le lapidaire commence par observer le nodule brut. Ensuite, il retire progressivement sa surface afin de rechercher la couleur. Il élimine aussi une partie du potch, du sable et de la roche encaissante.
À ce stade, le nobby brut devient un nobby rub.
Cette expression apparaît parfois dans les annonces australiennes. Elle signifie simplement que la pierre provient d’un nobby et qu’elle a déjà reçu un premier dégrossissage.
Toutefois, une opal rub peut également provenir d’une opale en veine. Le mot rub ne précise donc pas la formation naturelle d’origine.
Quelle différence entre une nobby opal et une seam opal ?
À Lightning Ridge, les mineurs distinguent souvent les nobbies des seam opals.
La nobby opal forme un nodule ou une masse compacte. Au contraire, la seam opal occupe une fissure ou une couche dans le sol. Elle présente donc souvent une forme plus plate et allongée.
Cette différence influence ensuite le travail du lapidaire.
En général, une opale en veine possède une barre de couleur assez plate. À l’inverse, un nobby peut demander une observation plus approfondie. Le tailleur doit comprendre la direction de la couleur tout en conservant assez de matière.
Cependant, un nobby ne vaut pas automatiquement plus cher qu’une seam opal. Plusieurs critères déterminent la valeur :
- la luminosité
- les couleurs
- le jeu de couleurs
- le motif
- la tonalité de fond
- l’épaisseur de la barre
- les défauts
- le poids final.
Enfin, une seam opal peut elle aussi devenir un rub après son dégrossissage. Nobby et seam décrivent donc la formation naturelle. Rub indique seulement l’état de préparation.
Vaut-il mieux acheter un nobby brut ou une opal rub ?
Le choix dépend surtout de l’expérience du tailleur, de son budget et du risque qu’il accepte de prendre.
Acheter un nobby entièrement brut
Un nobby encore brut conserve une grande part de mystère. De plus, il laisse au lapidaire une totale liberté pour rechercher la couleur et choisir son orientation.
Cependant, cet avantage s’accompagne d’un risque important.
Une grande partie du poids peut provenir du potch, de l’argile ou du sable. Par ailleurs, une couleur visible en surface peut disparaître rapidement pendant le travail.
La barre de couleur peut également présenter plusieurs difficultés :
- une faible épaisseur
- des inclusions de sable
- une forme irrégulière
- une mauvaise orientation
- une fissure
- une ligne de potch.
Il ne faut donc jamais comparer directement le poids du nobby brut avec celui du futur cabochon. En effet, le dégrossissage peut entraîner une perte importante de matière.
Acheter une opal rub
Avec une opal rub, le lapidaire a déjà réalisé une partie du travail de recherche. L’acheteur peut donc observer plus facilement la couleur, la forme générale et certains défauts.
Il peut également mieux estimer :
- l’orientation de la future pierre
- l’épaisseur de la barre
- la forme envisageable
- la présence d’inclusions
- le rendement après la taille.
Néanmoins, le rub conserve une part de risque. Une inclusion peut continuer sous la surface. De même, une fissure peut apparaître pendant la taille.
Il faut aussi examiner la forme commencée par le premier tailleur. Celle-ci doit encore permettre d’obtenir un cabochon harmonieux.
En général, une opal rub coûte plus cher au carat qu’un brut comparable. Le vendeur a déjà consacré du temps au dégrossissage et retiré une partie des déchets. Il a également pris le risque d’ouvrir la pierre.
En contrepartie, le poids du rub se rapproche davantage de la quantité de matière réellement exploitable.
Quelle opale choisir pour commencer la taille ?
Pour débuter, une opal rub reste généralement plus facile à comprendre qu’un nobby entièrement brut.
En effet, la barre de couleur apparaît déjà au moins en partie. Le débutant peut donc se concentrer sur la mise en forme du cabochon, le ponçage et le polissage.
Pour une première taille, mieux vaut choisir :
- une pierre sans fissure apparente
- une barre de couleur assez épaisse
- une forme simple
- peu de sable
- une couleur visible sous plusieurs angles
- une valeur raisonnable.
Ainsi, une pierre abordable permet d’apprendre sans subir une pression excessive. Les premières erreurs font naturellement partie de l’apprentissage.
En revanche, un nobby fermé conviendra mieux à une personne qui souhaite apprendre à lire et à orienter le brut. Son ouverture offre une expérience passionnante, mais aussi beaucoup plus imprévisible.
Comment examiner une opal rub avant l’achat ?
Une seule photographie ne suffit pas pour juger correctement un rub. Idéalement, il faut observer la pierre sous plusieurs angles et demander une vidéo.
Contrôler l’épaisseur de la barre de couleur
Une couleur spectaculaire en surface ne garantit pas une bonne pierre finale. Avant tout, la barre doit conserver assez d’épaisseur pour permettre le bombé et le polissage.
Une couche trop fine peut disparaître rapidement. Il faut donc observer les côtés du rub, et pas seulement sa face.
Rechercher le sable et les inclusions
Le sable peut pénétrer profondément dans l’opale. Ainsi, une petite inclusion visible sur le bord peut continuer à l’intérieur.
Pour cette raison, examinez toujours :
- la face
- le dos
- les côtés
- le contact entre l’opale précieuse et le potch.
Une photographie prise uniquement de face ne montre pas toujours ces défauts.
Examiner les fissures et les lignes naturelles
Toutes les lignes ne correspondent pas forcément à des fissures. Par exemple, une ligne de potch peut traverser naturellement la pierre.
Néanmoins, toute marque suspecte mérite une vérification. Demandez alors une photographie rapprochée ou une vidéo prise sous plusieurs angles.
De plus, une pierre humide peut masquer certaines fissures. Il faut donc également demander des images de l’opale sèche.
Observer la direction du jeu de couleurs
Certaines opales montrent leurs meilleures couleurs dans une seule direction. Il faut donc vérifier si cette orientation pourra devenir la face du cabochon.
Une belle couleur visible uniquement sur le côté sera parfois difficile à conserver.
Par conséquent, une vidéo reste particulièrement utile. Elle permet d’observer la luminosité lorsque la pierre bouge et change d’angle.
Estimer le poids réellement exploitable
Le poids d’un rub ne correspond pas au poids du futur cabochon. En effet, le lapidaire retirera encore de la matière pendant la mise en forme et le polissage.
Il ne faut donc pas comparer directement le prix au carat d’un rub avec celui d’une opale terminée.
Avant l’achat, cherchez plutôt à estimer le rendement possible. Toutefois, personne ne peut garantir le résultat avant la fin de la taille.
Attention au vocabulaire des annonces
Les vendeurs n’utilisent pas toujours les mêmes définitions. Par conséquent, deux pierres présentées comme des rubs peuvent montrer des niveaux de préparation très différents.
La première peut avoir reçu un simple nettoyage. À l’inverse, la seconde peut déjà ressembler à une préforme.
Dans les annonces, plusieurs expressions peuvent apparaître :
- rough rub
- rubbed opal
- nobby rub
- preform
- partially rubbed opal
- faced rough.
Il ne faut donc jamais acheter une opale uniquement à partir du titre commercial.
Avant de choisir, vérifiez les photographies, la vidéo, les dimensions et le poids. Examinez également l’état réel de la pierre et son origine annoncée.
Enfin, un vendeur sérieux doit répondre clairement aux questions concernant le sable, les fissures et l’épaisseur de la barre de couleur.
Mon expérience avec les opales brutes
Je me passionne pour les opales depuis plus de 20 ans. Durant cette période, j’ai observé, acheté et travaillé de nombreuses pierres australiennes, qu’elles soient brutes, dégrossies ou polies.
Cette expérience m’a appris qu’une belle photographie ne garantit jamais un excellent résultat après la taille.
En effet, un éclairage puissant peut accentuer les couleurs. De même, une orientation soigneusement choisie peut cacher certaines faiblesses. Enfin, l’eau intensifie parfois temporairement l’aspect de la pierre.
Un nobby fermé peut réserver une magnifique surprise. Cependant, il faut accepter une grande part d’incertitude. La recherche de la couleur peut entraîner une importante perte de poids.
Une opal rub permet généralement de mieux évaluer le potentiel de la pierre. Toutefois, le résultat final ne reste jamais garanti. Du sable, une fissure ou une variation d’épaisseur peuvent encore apparaître.
Pour cette raison, j’examine toujours une opale avec patience et sous plusieurs éclairages.
Lors d’un achat à distance, je conseille de demander :
- une photographie nette de la face
- une image du dos
- des photographies précises des côtés
- une vidéo montrant la pierre en mouvement
- une confirmation concernant le sable et les fissures
- des images sèches si le vendeur présente la pierre humide.
Je suis également membre professionnel de l’International Gem Society.
Conclusion
Une nobby opal forme naturellement un nodule ou une masse irrégulière. Les mineurs rencontrent surtout cette formation dans les champs opalifères de Lightning Ridge.
Le mot nobby décrit donc la forme d’origine de la pierre. Il ne renseigne pas sur son niveau de préparation.
À l’inverse, une opal rub a déjà reçu un premier dégrossissage à la meule. Le lapidaire a retiré une partie du potch, du sable ou de la roche. Il peut ainsi observer la barre de couleur et préparer la future forme.
Ces deux termes ne s’opposent donc pas. Un nobby brut peut devenir un nobby rub, puis une préforme et enfin une opale polie. De même, une seam opal peut devenir un rub après son dégrossissage.
Pour un débutant, le rub reste généralement plus facile à évaluer. Une partie de la couleur et des défauts apparaît déjà. Cependant, cette visibilité ne supprime pas tous les risques.
Le nobby entièrement fermé offre davantage de mystère et de liberté. En revanche, son rendement reste beaucoup plus incertain.
Dans les deux cas, la prudence demeure essentielle. Une photographie spectaculaire ne garantit ni l’épaisseur de la couleur, ni l’absence de sable, ni le résultat final.
Avant l’achat, examinez donc la face, le dos et les côtés. Si possible, demandez également une vidéo montrant la pierre en mouvement.
Questions fréquentes sur les nobbies et les opal rubs
Quelle différence existe-t-il entre un nobby et un rub ?
Le terme nobby décrit une formation naturelle en forme de nodule. En revanche, le mot rub indique que la pierre a déjà reçu un premier dégrossissage.
Une opal rub est-elle déjà polie ?
Non. Le lapidaire a seulement dégrossi et parfois préformé la pierre. Il doit encore la façonner, la poncer et la polir.
Tous les nobbies contiennent-ils une opale noire ?
Non. Certains contiennent de l’opale noire, sombre ou cristal. Cependant, d’autres renferment surtout du potch, du sable ou très peu de couleur exploitable.
Un nobby peut-il devenir un rub ?
Oui. Le lapidaire transforme le nobby en rub lorsqu’il commence à retirer les parties inutiles et à révéler la barre de couleur.
Une seam opal peut-elle devenir un rub ?
Oui. Le mot rub décrit le niveau de préparation, et non la formation naturelle. Par conséquent, un rub peut provenir d’un nobby ou d’une seam opal.
Un rub présente-t-il moins de risques qu’un nobby brut ?
En général, un rub reste plus facile à examiner, car il montre déjà une partie de sa couleur et de ses défauts. Toutefois, du sable ou une fissure peuvent encore apparaître pendant la taille.
Pourquoi un rub coûte-t-il souvent plus cher au carat ?
Le vendeur a déjà retiré une partie du potch, du sable et de la roche. De plus, il a consacré du temps au dégrossissage et pris une partie du risque lié à l’ouverture.
Quelle pierre choisir pour débuter ?
Un rub avec une barre assez épaisse, une forme simple et peu de sable convient généralement mieux à un débutant. Il permet d’apprendre le ponçage et le polissage avant de travailler sur un nobby encore brut.



